Le plaisir, un bien grand mot !
Sa définition : État de satisfaction
Le plaisir est le contraire de la douleur. Il correspond à un état émotionnel agréable né spontanément d'une situation donnée, de la satisfaction d'un désir ou de la perspective de cette satisfaction. Physique, psychique ou intellectuel, il concerne tous les âges et est, comme le désir, indispensable à l'équilibre d'un être humain. Son refus, conscient ou inconscient, révèle un trouble psychique.
Pour toute personne, le plaisir est plus ou moins facile, accessible, à porter de main...
Certains, même, façonnent leur vie en quête de cet état.
Mais lorsqu'on est dans un état de vaginisme, comment fait-on ? Dans cet état, certaines ne connaissent pas le plaisir.
Et moi ? Eh bien moi, je connais le plaisir, mais je me l'interdis. Consciemment ou inconsciemment, ça je ne sais pas. Je dirais plutôt inconsciemment, car qui s'interdit consciemment le plaisir ? Personne !! Refuser cet état de satisfaction, de béatitude. Je ne parle pas là de sexe mais de tous les plaisirs, même les plus anodins.
D'un côté, j'ai un avantage par rapport à la majorité des "filles vaginistes" car je connais ce plaisir. Mais je ne suis pas encore prête à le voir comme un avantage, surtout en me l'interdisant.
Dans ma vie quotidienne, je m'interdis ce plaisir.
Pourquoi je me l'interdis ? Je ne sais pas. On pense que c'est parce que je ne l'ai pas connu, que dans ma famille, plus jeune, on ne se l'autorisait pas. Je n'ai pas beaucoup de souvenir de "plaisir" de jeunesse. Je ne me souviens pas de sorties en famille où l'on s'est amusé, de moment particulier où l'on a ri. Non, je ne m'en souvient pas.
Est-ce qu'il y en a eu ? Certainement, enfin je l'espère.
De ma jeunesse avec ma famille, ce n'est pas les bons souvenirs qui me reviennent en mémoire...
Comment je me l'interdis ? Par beaucoup de moyens !
Quand je me sens "bien", c'est le corps qui réagit. Ca passe par tout. J'ai fait, et je fais toujours, de la colopathie fonctionnelle, de la spasmophilie, des crises d'angoisse, des migraines...
Sexuellement, je bloque ce plaisir. Mais là, je n'ai pas encore envie de m'épancher... Pas encore totalement prête à en parler certainement.
En ce moment, c'est le corps qui m'en veut de lui interdire ce plaisir. Il se venge en me donnant des nausées et des crises de spasmophilie tous les jours.
Ma sexo m'a demandé qu'est-ce que je pourrais vomir ? Je suis restée interloquée quelques minutes. Penser que cet état pouvait être la réaction de mes angoisses m'était totalement inimaginable. J'étais et je suis tellement mal en point physiquement que je n'arrive pas à savoir ce qui ne va pas mentalement pour me détraquer autant physiquement.
C'est, encore au jour d'aujourd'hui, une question à laquelle je n'ai aucun semblant de réponse.
Qu'est-ce que je pourrais bien vomir ? Qu'est-ce qui a si peur de sortir qu'il m'en rend malade ?
Je dois apprendre à me faire plaisir.
Comment ? Par tous les moyens. C'est pour aller mieux que je dois apprendre.
Mais même lorsque je me fais plaisir, je pense avoir un problème.
Par exemple, je dépense pas mal d'argent dans les vêtements. Ca me fait "plaisir" de m'acheter des choses pour moi, me sentir bien, me mettre en valeur.
Seulement, je vois en ça un gros problème. Comme si j'avais besoin de claquer du fric pour combler un vide. Est-ce vraiment ça ? Ou ai-je du mal à accepter ce plaisir sans rien y voir d'autre que du plaisir ?
Et pourquoi les vêtements ?
Ma théorie est que maintenant, j'assume peut-être...
Depuis petite, je suis "grosse". Autant dire que pour mes parents, je ne suis pas belle mais grosse.
C'est "vrai" : que faire d'un enfant gros ? D'une fille en plus...
Lui reprocher ! Evidemment, si je faisais 20 kg à l'âge de 2 ans, c'était de ma faute, pas de la leur.
Et puis j'ai grandi. Et j'ai comblé ce vide affectif par la nourriture, et j'ai donc continué à grossir. C'était encore de ma faute si j'étais grosse. Mais oui voyons ! Pourquoi avais-je besoin de m'empifrer de chocolat, de biscuit, de brioche au nutella... ?!!
Et puis, pour mon bien, on me faisait des remarques.
Mon père me disait que plus tard, je serai tellement énorme que je ne trouverais pas de boulot, je n'aurai pas d'amis et encore moins de petit copain, et que personne ne voudrait de moi.
Ma mère me disait de faire attention. Faire attention à quoi ?
Et puis, elle me comparait à ma soeur, sportive de son état et beaucoup plus mince...
Après ma période "pull, jean, jogging", je commençais à m'acheter des pulls et pantalons plus féminin, mais ça n'allait pas, parce que ma "soeur elle, elle est grande et fine, elle peut tout porter, alors que" moi...
Et puis, comme c'était elle qui payait, quand on faisait les boutiques, j'avais droit à son avis tranchant "ça te va bien, car ça t'amincit"... Comment se faire plaisir avec ça ?
Quand on lit dans la définition que son refus, conscient ou inconscient, révèle un trouble psychique, je dois bien avouer que j'ai un trouble psychique. Mais, comme on dit, le fait de le savoir et de l'avouer est un premier pas fait vers la guérison et le bien-être. :-)